Rencontre et analyse

Grand rendez-vous annuel du textile-habillement organisé par l’Institut français de la mode, la journée des Perspectives Internationales 2019 s’est tenue le 6 décembre à Paris, Analyse et chiffres actualisés et tout sur l'évolution du retail et des technologies. Deux enquêtes inédites réalisées par l’IFM ont été dévoilées lors de l’événement. L’une porte sur le rapport des Français à la consommation de mode, tant dans la perception des prix, des réductions, des marques, des modes de consommation alternatifs ou encore des conditions de fabrication. La seconde est consacrée aux stratégies et visions des grandes marques pour l’année à venir, tant en termes de produits et de politique de prix que d’innovations et de sourcing.

 

La légère croissance de 2017 sur le secteur du textile habillement n’a pas tenue en 2018. Le renversement de tendance n’a pas eu lieu. Et cela notamment à cause d’éléments conjoncturels que l’on connaît tous, dont les éléments météorologiques et le pouvoir d’achat qui n’a, par unité de consommation, augmenté en moyenne que de 0,1 % par an depuis 2007, et de 0 ,2% sur les 8 premiers mois de l’année. 

Mais la question profonde est, au-delà de ces éléments, d’appréhender les nouveaux modes de consommation, les contraintes budgétaires et des arbitrages qui ne se font plus simplement entre la mode et d’autres postes de dépenses, mais aussi à l’intérieur même de l’offre mode.

 

CE QU’IL FAUT RETENIR….

On constate que la baisse des ventes impacte particulièrement le moyen de gamme, alors que le luxe, le luxe abordable et l'entrée de gamme sont toujours en croissance.

Les enquêtes de l’Ifm indiquent que la production s’est largement relocalisée en Europe pour 40,3% des marques, en France pour 26,2%.  C’est important pour reconquérir des consommateurs qui estiment à 80% que les prix ne veulent plus rien dire et qui souhaitent à 86% plus de transparence sur les prix (coût de la matière, de la fabrication et du transport)

En 2018 dans notre pays, 36% des hommes ont acheté moins de vêtements contre 51% des femmes, ce qui soutient la bonne tenue des chiffres du masculin. 60% de cette déconsommation est contrainte, et donc 40% choisie, consommer moins mais mieux par souci écologique ou éthique mais aussi pour désencombrer son stock d’habillement.

En 1960, la part des achats de l’habillement et de la chaussure représentait 9, 1% du budget des ménages, il est en 2017 de 3,9%. Aujourd’hui 50% des achats de mode se font en promotion ou en solde.

Les relais de croissance de cette (de)consommation se fait sur le marché Seconde main, les propositions écologiques ou éthiques qui représentent déjà 20% des achats pour 9% des enseignes.

A l’horizon 2020,  la Chine pourrait devenir le premier marché de consommation d’habillement devant les Etats Unis et l’Europe. Les exportations françaises pourraient ainsi progresser de +10,3% en 2019, compassant la forte baisse de la consommation en France et en Europe.

Agence DD